Salon Eduludic : jeux sérieux et escape games

La semaine dernière, j'ai eu la chance de pouvoir participer à mon premier salon pédagogique. Il s'agissait du salon Eduludic organisé par le Canopé 76 les 16 et 17 mai sur les jeux sérieux et les escape games. Nous avions reçu un mail nous informant de ce salon via notre boîte mail académique et en parcourant le programme avec ma collègue d'espagnol (toujours la même !) nous nous sommes dit qu'il serait super de pouvoir y aller. Nous avons eu l'autorisation de notre chef d'établissement pour pouvoir nous absenter du collège pendant ces deux jours et nous nous sommes inscrites en ligne, l'aventure était lancée ! 


Les escape games, on en entend de plus en plus parler puisque les escape rooms se développent un peu partout sur des thèmes variés. En tant qu'enseignantes, nous voyons aussi passer de plus en plus de projets "escape games pédagogiques". Nous avons toujours trouvé cela intéressant, sans jamais vraiment oser se lancer. Ma collègue d'espagnol avait néanmoins prévu d'en organiser un en fin d'année pour les élèves de 4e/3e. Ce salon tombait donc parfaitement bien pour en apprendre plus et confirmer notre envie d'expérimenter tout cela !

Le salon Eduludic c'est d'abord un programme très chargé. Nous avons donc dû sélectionner les ateliers auxquels nous voulions participer. Il y avait deux types d'ateliers le premier jour : ceux où les collègues présentaient leurs escape games et la démarche qu'ils avaient mené pour les construire et ceux où l'on pouvait tester les escape games en tant que participants. Le deuxième jour, nous pouvions observer des élèves en train de tester des escape games et suivre diverses conférences. 

Nous avons privilégié les témoignages des collègues sur la première journée. Nous avons suivi 4 ateliers sur la journée du mercredi : 
- Explications de la démarche et des outils : connais-moi, échappe-toi ! par Guillaume Bonzoms. 
- Créer un escape game avec kit modulable par Boris Maloberti. 
- Comment travailler des compétences culturelles et linguistiques à travers les escape game? par Laurence Haquet, C. Alves et R. Ballonad-Berthois. 
- Escape classroom : un escape game pour l'enseignement sur le modèle SEGAM par Gaëlle Guigon

Le deuxième jour nous avons suivi 3 conférences et regardé des élèves résoudre un escape game :
- Créer un escape game sur un personnage mystère par Emilie Lebret
- L'escape game levier de motivation par Laurent Foucher
- Accueil classe collège sur Connais-moi, échappe-toi. avec Guillaume Bonzoms.
- Approche ludique au cycle 4 : intérêt, plus-values, outils et démarches par D. Saputa et Anthony Straub.
Nous avons vraiment été emballées par nos différentes rencontres. Je ne vais pas détailler toutes les conférences ou ateliers sinon cet article serait vraiment trop long ! Je vais simplement résumer ce que nous avons retenu de ces deux jours sur place. Nous avons pu dresser la liste des éléments indispensables pour créer un escape game réussi :
Extrait de la conférence de A. Straub et D. Saputa







- la scénarisation : tous les intervenants ont insisté sur cette notion. Il doit y avoir une histoire autour de l'escape game pour permettre aux participants de se mettre dans l'ambiance et d'avoir envie d'y participer.
- le décor : ce critère va de pair avec la scénarisation. La pièce ou les différents lieux où ont lieu l'escape game doivent être décorés en lien avec le thème choisi. Il faut créer une rupture avec l'environnement habituel des élèves.
- les énigmes/indices/cadenas : ça semble évident quand on le dit, mais un escape game sans ces trois éléments n'en serait pas vraiment un. L'idée est de sortir d'une pièce, pour cela il va falloir ouvrir des coffres, décrypter des codes, résoudre des énigmes... Ces trois éléments peuvent prendre différentes formes. Les énigmes peuvent être des rébus, des charades, des devinettes.  Les cadenas peuvent être des cadenas à mouvement, à clé, à chiffre mais aussi virtuels. Évidemment, les indices vont prendre différentes formes en fonction du thème de l'escape game et de l'objectif recherché. Ils peuvent être répartis un peu partout dans la pièce ou fournis au fur et à mesure (découverts grâce à des énigmes ou des cadenas ouverts). Ils peuvent aussi prendre la forme de jeux sur learningapps (je vous en parle ici). Si les jeux sont réussis, alors le message de fin fait apparaître un indice.
- le débriefing : c'est peut-être l'un des points les plus importants dans l'escape game pédagogique. C'est surtout ce qui différencie réellement l'escape game pédagogique de l'escape game classique. L'idée est de prendre le temps avec les élèves de revenir sur l'expérience qu'ils ont vécue et de les pousser à identifier ce qu'ils y ont appris et les compétences qui ont été mises en jeu lors de cet escape game.

Ensuite il y a certains critères qui varient selon les intervenants, le type d'escape game mis en place et les objectifs recherchés :
- l'enfermement : l'idée d'un escape game au départ est de s'échapper. Il faut donc regrouper les participants dans une pièce fermée. C'est grâce à la résolution des énigmes et à l'ouverture des cadenas qu'ils pourront s'échapper. Dans les escape games pédagogiques, on n'enferme pas les élèves pour des raisons évidentes de sécurité. De plus, on a pu voir avec Laurence Haquet, C. Alves et R. Ballonad-Berthois qu'un escape game pédagogique pouvait avoir lieu dans une salle de classe dans le cadre d'une séquence ou comme une pause culturelle. Elles proposaient notamment des escape games pour traîter Halloween, Noêl ou encore la St Patrick. Certains escape games peuvent aussi avoir lieu dans différents espaces. De même, la notion d'enfermement peut être relative dans la mesure où il suffit parfois de créer un espace "clos" à l'aide de paravents pour donner l'illusion de l'enfermement.
- le temps limité : tout comme la notion d'enfermement, le temps limité est un essentiel de l'escape game. Dans la version pédagogique, on s'aperçoit rapidement que la durée d'un escape game varie elle aussi en fonction de l'objectif recherché. Certains collègues utilisent donc parfois plusieurs heures de cours. L'investissement et la motivation des élèves restent inchangés et ils se souviennent facilement de ce qu'ils ont obtenu comme résultat à la séance précédente. Ainsi nous avons eu l'exemple d'un escape game numérique qui accompagnait la lecture d'un livre. Pour pouvoir accéder à la pièce suivante ou aux indices, il faut avoir lu le chapitre suivant du livre.
- le type d'escape game : nous avons vu avec Anthony Straub et D. Saputa que les escape games pouvaient prendre différentes formes : numériques et semi-numériques. Les deux formes présentent des avantages. Dans l'escape game numérique il peut y avoir différentes pièces, on n'est pas limité par l'espace. Le coût du matériel est limité puisque tout est virtuel. Il est plus facile de cacher les différents indices et il n'y a pas d'installation nécessaire. L'escape game semi-numérique permet d'éviter les dysfonctionnements techniques (et dans les établissements scolaires, on sait que ça arrive souvent !), de créer des énigmes illimitées  et bien sûr d'avoir une immersion maximum des élèves (à condition d'avoir respecté le critère du scénario et du décor !).

Une dernière chose qui nous a vraiment plu lors de ce salon, c'est la présentation des kits modulables pour créer des escape games par Boris Maloberti. Il s'agit en fait de différents accessoires en bois que vous pouvez personnaliser pour créer vos propres escape games. L'idée est de faciliter la création d'escape games pour les personnes à qui cela ferait peur (comme moi !) en fournissant des supports pour les énigmes ou les cadenas.
Présentation des kits modulables par Boris Maloberti

Ainsi, il propose pour le moment une boîte avec un système de face à associer sur le côté. Quand les bonnes faces sont associées aux bons côtés de la boîte cela permet d'activer un système de rétro éclairage. Cela fait aussi apparaître un symbole que l'on réutilise ensuite pour pouvoir ouvrir les engrenages sur le dessus de la boîte et découvrir ce qu'il y a à l'intérieur. Le deuxième kit est un système d'engrenages que l'on peut détacher les uns des autres et cacher à différents endroits dans la pièce. On peut sur chaque engrenage dévisser une plaque en verre pour y insérer un symbole, un mot ou une image de son choix. Le principe et d'associer correctement les engrenages pour découvrir une formule, un rébus, une phrase... Le troisième kit va être modifié par rapport à ce qui nous a été présenté, il s'agira d'un puzzle. Le quatrième kit ressemble au système des engrenages mais sous forme  d'horloge. On peut retirer les parties qui contiennent normalement les heures, dévisser là aussi une plaque en verre et y insérer quelque chose. Cela peut permettre de travailler sur les cycles (cycle de l'eau, cycle de la vie...). Le dernier kit se présente sous la forme de fioles à remettre sur un support. Sur ce support est disposé un miroir sans tain derrière lequel on peut coller un message (qui n'est pas visible). Quand on dispose les bonnes fioles aux bons endroits sur la boîte, cela permet d'activer un système de rétro éclairage et de faire apparaître le message caché.

Nous avons vraiment aimé ces kits parce qu'ils sont réutilisables et adaptables à plein d'escape games différents. Quand on commence à se lancer dans cette aventure, le prix des différents accessoires (cadenas, coffres, matériel numérique...) peut faire peur. Grâce à ces kits, le prix est diminué puisqu'il suffit d'imprimer les éléments à insérer dans les kits.
Ces kits seront développés pour être mis au prêt dans les canopés de France. Nous avons vu les prototypes pour le moment mais Boris Maloberti nous a précisé qu'il y aurait encore des modifications. Les kits seront probablement développés en plastique pour permettre une meilleure résistance à la manipulation.

Nous avons vraiment beaucoup aimé ce salon, nous aurions aimé faire beaucoup plus de choses mais les deux jours sont passés très rapidement. Il y a quelques jours, Christelle Quesne, à l'origine de ce salon a annoncé cette bonne nouvelle sur twitter, autant vous dire que je vais suivre cela de près !

Une chose est sure, nous sommes reparties rassurées : cela ne semble pas si difficile à mettre en place si on accepte d'être humbles pour une première. Au fur et à mesure, nous pourrons complexifier les choses, c'est évident. Nous avons aussi plein d'idées en tête pour cette fin d'année, notamment dans le cadre de notre semaine des langues vivantes (que nous avons décalée au mois de juin comme je vous l'explique dans cet article). Nous aimerions faire découvrir un personnage mystère par jour à nos élèves. Maintenant il faut que nous nous mettions au travail. Un autre point qui nous a rassurées c'est de constater qu'il était possible de mettre en place des escape games sur un court laps de temps et donc qu'il n'était pas forcément nécessaire de banaliser certaines heures de cours pour mettre ces projets en place. Mine de rien, là aussi ça simplifie la vie en établissements scolaires. Enfin, j'ai beaucoup aimé le fait d'intégrer les escapes games à une séquence comme Laurence Haquet, C. Alves et R. Ballonad-Berthois. Cela peut être dans le cadre de l'évaluation diagnostique (en début de séquence), de l'évaluation formative (en milieu de séquence) ou sommative (en fin de séquence). L'idée d'utiliser l'escape game pour traîter les grands événements culturels de l'année me séduit aussi beaucoup pour changer des ateliers ludiques et des quiz que nous avons proposés cette année.

Je repars avec mille projets en tête, le plus dur va maintenant être de choisir par où commencer !

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